Radiothérapie

Radiothérapie

l'équipe de Radiothérapie de l'HRC

L’objectif de la radiothérapie est de détruire les cellules tumorales et, de cette manière, protéger autant que possible les tissus sains. Chaque patient·e pris·e en charge suit un traitement adapté à sa maladie et à ses besoins individuels. Dans la plupart des cas, les patient·e·s supportent très bien le traitement, qui peut être effectué en ambulatoire. L’hospitalisation est en effet rarement nécessaire. Il convient cependant de faire une distinction entre la radiothérapie curative et la radiothérapie palliative. 

Stratégies thérapeutiques et organisations des soins

  • Fonctionnement de la radiothérapie
  • Différenciation entre radiothérapie curative et radiothérapie palliative
  • Etapes du traitement de radiothérapie, suivi thérapeutique et effets secondaires
  • S’organiser au quotidien lors d’un traitement de radiothérapie

En savoir d’avantage

Lors d’une des premières consultations, le·la patient·e reçoit un livret d’informations expliquant les différentes étapes de sa prise en soins. Ce document décrit spécifiquement, selon la pathologie traitée, le déroulement des étapes de traitement, le suivi ou encore les effets secondaires possibles.

Fonctionnement de la radiothérapie

 

La forme la plus courante de radiothérapie est la radiothérapie externe. Un dispositif spécial appelé  «accélérateur linéaire» génère le rayonnement et irradie la tumeur de l’extérieur, à travers la peau. Le type exact de rayonnement utilisé dépend du type et de l’emplacement de la tumeur. Lorsqu’il est éteint, un accélérateur linéaire n’émet aucun rayonnement.

Que se passe-t-il dans le corps ?

Comme les tissus sains, les tumeurs sont constituées de cellules. Lorsque les cellules tumorales se divisent, la tumeur se développe. C’est là qu’intervient la radiothérapie : le rayonnement inhibe la croissance cellulaire en s’attaquant au matériel génétique du noyau cellulaire. La cellule perd alors sa capacité à se diviser et meurt. Contrairement aux cellules cancéreuses, les cellules saines, qui peuvent également être affectées par la radiothérapie, ont la capacité de se régénérer. De ce fait, le rayonnement endommage la tumeur davantage que les tissus qui se trouvent dans son environnement.

Quelles sont les radiations utilisées ?

Elles sont de deux ordres :

  • Les photons : rayons X de haute énergie, particulièrement indiqués dans le traitement des tumeurs profondes.
  • Les électrons : ils ne pénètrent que de quelques centimètres dans les tissus et sont donc très bien adaptés au traitement des tumeurs situées près de la surface.

 

Différenciation entre radiothérapie curative et radiothérapie palliative

 

Quelles sont les maladies qui peuvent être traitées ?

  • En radiothérapie curative, l’objectif est d’éradiquer, si possible, la maladie tumorale. Un exemple typique est l’irradiation après une intervention chirurgicale au cours de laquelle une tumeur (visible à l’œil nu) a été enlevée. Les cellules tumorales restantes doivent être détruites par une radiothérapie. Selon la tumeur, cela peut se faire soit par radiothérapie seule, soit par une combinaison de radiothérapie et de chimiothérapie.
  • Le but du traitement palliatif est de soulager ou d’éliminer des symptômes tels que la douleur, les limitations de mobilité, la rétention urinaire, la difficulté à avaler, l’essoufflement ou le saignement. La prévention des complications imminentes, comme les fractures osseuses ou la paralysie, fait également partie des objectifs du traitement palliatif.

Les patient·e·s sont pris·es en charge par les médecins spécialisés du service qui vont leur proposer le traitement adapté à leur situation. Le choix de la thérapie est toujours fait individuellement. A partir des possibilités de la chirurgie, du traitement médicamenteux et de la radiothérapie, la solution optimale pour le·la patient·e est développée conjointement. Les maladies citées ci-dessous sont des exemples de celles souvent prises en charge par la radio-oncologie. Mais elles peuvent aussi faire l’objet d’autres traitements, comme la chirurgie ou les thérapies systémiques (chimiothérapie, immunothérapie, thérapie moléculaire ciblée et hormonothérapie).

  • Tumeurs du sein et gynécologiques
  • Tumeurs dans la région de la tête et du cou (ORL)
  • Tumeurs thoraciques ou pulmonaires
  • Tumeurs urologiques ou tumeurs de la prostate
  • Tumeurs du tractus gastro-intestinal et ano-rectales
  • Tumeurs endocriniennes
  • Tumeurs du cerveau et de la moelle épinière
  • Tumeurs de la peau
  • Sarcomes des os et des tissus mous
  • Lymphomes
  • Traitement palliatif axé sur les symptômes 

 

Etapes du traitement de radiothérapie, suivi thérapeutique et effets secondaires

 

Quelles sont les étapes du traitement?

 

I. Consultation médicale

La première consultation permet au patient ou à la patiente de rencontrer le médecin et de faire le point avec lui sur sa maladie et sur l’intérêt d’opter pour un traitement de radiothérapie. Une fois que le choix de la radiothérapie a été déterminé, le médecin transmet toutes les informations sur le déroulement et les effets de la thérapie, ainsi que sur les effets secondaires possibles. En outre, un examen physique approfondi est effectué. Parfois, d’autres investigations sont nécessaires. 

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II. Consultation infirmière

Une consultation infirmière est organisée quelques jours après la consultation médicale. Les patient·e·s y reçoivent des informations complémentaires sur le traitement de radiothérapie et les effets adverses. Ils apprennent comment les prévenir et/ou les gérer. Les infirmier·ère·s s’occupent aussi de recueillir les difficultés présentes et évaluent celles à venir pour les patient·e·s et leurs proches confrontés à la maladie et au traitement. Ils cherchent ensemble des solutions qui leur correspondent. Les infirmier·ère·s s’occupent aussi de soins spécifiques médico-délégués, comme la pose de voie veineuse ou le suivi des plaies.

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III. Scanner de planification

Localisation et positionnement

L’irradiation est planifiée individuellement et précisément pour chaque patient·e. Tout d’abord, la tumeur est localisée à l’aide de tous les instruments d’imagerie disponibles (tomodensitométrie, imagerie par résonance magnétique et tomographie par émission de positions).

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 Marquage sur la peau

Un très léger point de tatouage est placé à la surface du patient ou de la patiente comme point de repère pour la suite du traitement. Cette étape est indolore et nécessaire: cette marque permet, lors des séances d’irradiation, de déterminer à chaque fois l’emplacement exact de l’irradiation.

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Planification de l’irradiation assistée par ordinateur

Pour pouvoir doser avec précision le rayonnement, l’équipe soignante a besoin d’informations sur l’emplacement exact de la tumeur et des organes, ainsi que sur la quantité de rayonnement que les tissus et la tumeur peuvent absorber. La quantité de rayonnement nécessaire dépend de la sensibilité de la tumeur au rayonnement; elle peut être calculée à l’avance avec précision.

Planification de l’irradiation

Le médecin obtient toutes ces informations lors d’un scanner de planification, appelé tomodensitométrie (CT). Cela permet de déterminer la zone à traiter, mais aussi les organes sains à protéger pendant le traitement. Les valeurs déterminées sont ensuite lues dans une station de contourage. La dose de rayonnement nécessaire peut ainsi être calculée avec précision. Pour préparer la planification de l’irradiation, une coupe tomographique du corps est créée tous les 1 à 3 mm. Dans chaque section transversale, des dessins au millimètre près sont ensuite réalisés, précisant ce qui doit être irradié («volume cible») et les organes qui nécessitent une protection spéciale («organes à risque»).

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Planification du traitement

Les données de la planification tomodensitométrique sont ensuite transférées à l’ordinateur de planification des rayonnements, où un expert en physique médicale et un technicien en radiologie médicale (TRM) créent le plan de rayonnement optimal. Le but de ce plan d’irradiation est d’appliquer une dose d’irradiation aussi élevée que possible dans la tumeur, et en même temps de protéger le tissu normal environnant de manière optimale, afin de maintenir les effets secondaires possibles aussi faibles que possible.

Première irradiation

Le patient ou la patiente est installé·e sur l’appareil d’irradiation (Elekta Versa HD ou Unity MRI Linac) et sa position est vérifiée grâce à une imagerie réalisée avant le traitement. Après avoir ajusté l’appareil, les techniciens quittent la salle. Pendant l’irradiation, le patient ou la patiente est seul·e dans la pièce. Cependant, la personne constamment surveillée par une caméra et peut communiquer par interphone. Le traitement est absolument indolore.

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Combien de temps dure l’irradiation quotidienne?

Cela dépend de la technologie utilisée et du nombre de champs d’irradiation. Les traitements sur l’appareil Elekta Versa HD durent entre 10 et 20 minutes; l’irradiation effective est de 1 à 2 minutes. Pour la machine Elekta Unity (IRM-Linac), la durée du traitement varie entre 30 et 45 minutes. Cela s’explique par le fait que lors de chaque séance, un nouveau plan de traitement est calculé, tenant compte des changements anatomiques du patient ou de la patiente.

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Suivi thérapeutique

Lors des séances d’irradiation et des visites hebdomadaires chez le médecin, les patient·e·s peuvent poser des questions et demander des clarifications. Des entretiens supplémentaires avec le·la spécialiste et le personnel soignant sont possibles à tout moment. Après la fin de la radiothérapie, des contrôles de suivi sont effectués à intervalles rapprochés pour évaluer l’apparition d’éventuels effets secondaires aigus, et le patient ou la patiente aura des rendez-vous réguliers à distance du traitement, pour vérifier l’apparition d’éventuels effets secondaires tardifs.

Effets secondaires

Utilisés correctement, les photons et les électrons offrent un moyen de traitement du cancer efficace et habituellement bien toléré. Le rayonnement détruit le noyau de la cellule cancéreuse, ce qui lui fait perdre la capacité de se diviser. Contrairement aux cellules saines, les cellules cancéreuses ne peuvent pas se régénérer – la croissance tumorale est ainsi arrêtée. Un des atouts de la radiothérapie est son application locale. L’irradiation est effectuée là où se trouvent les tumeurs ou les métastases. Cela signifie que seules de petites zones du corps sont touchées, ce qui réduit au minimum les effets secondaires. La technologie IRM Linac offre la possibilité de réduire encore plus les volumes de rayonnement, car les spécialistes peuvent voir précisément ce qui est irradié.

Effets secondaires physiques

Ils diffèrent d’un patient ou d’une patiente à l’autre et dépendent, entre autre, de la taille du champ d’irradiation, de la dose de rayonnement utilisée ainsi que de l’emplacement de la tumeur. Une distinction est faite entre les effets secondaires aigus et les réactions tardives :

I. Effets secondaires aigus

Si des tumeurs dans la bouche et la gorge sont irradiées, il se produit souvent une inflammation des muqueuses. Si la tumeur maligne se trouve dans la région abdominale, la radiothérapie entraîne souvent des nausées ou des diarrhées. La radiothérapie du cancer de la vessie ou de la prostate peut provoquer une irritation de la muqueuse vésicale (cystite). Si la tête est irradiée, les cheveux peuvent tomber. En radiothérapie, la chute de cheveux ne se produit qu’au niveau de la zone irradiée. Des irritations cutanées limitées peuvent aussi survenir; elles sont souvent similaires aux coups de soleil. Dans la plupart des cas, cependant, la peau récupère très rapidement. Tous ces symptômes disparaissent généralement rapidement après la fin du traitement.

II. Réactions tardives

Des réactions tardives à la radiothérapie peuvent survenir des mois ou des années après le traitement. Les effets les plus fréquents sont la décoloration permanente de la peau, la formation de petites veines dilatées (télangiectasie) ou le durcissement des tissus (fibrose). Si l’utérus, les ovaires, les testicules ou la prostate sont dans le champ d’irradiation, la fertilité peut être limitée ou perdue. Selon les organes irradiés, il est également possible de souffrir de difficultés érectiles pour les hommes, ou de dyspareunies pour les femmes. Les développements récents de la radiothérapie tendent cependant à épargner davantage les tissus impliqués dans la réponse sexuelle. Même s’il ne reste aucune trace visible après les traitements, il est possible que la région du corps irradié reste plus sensible à long terme. L’équipe soignante prodigue des conseils au patient ou à la patiente, consistant notamment à éviter l’exposition au soleil ou à certaines substances chimiques potentiellement agressives pour la peau.

Important: Vous et vos proches ne serez pas contaminé par la radiothérapie! Même la curiethérapie, dans laquelle une source de rayonnement est guidée vers la tumeur par une ouverture corporelle ne provoque aucune contamination radioactive.

Effets secondaires psychologiques

La radiothérapie est habituellement administrée cinq fois par semaine. Le traitement peut ainsi être stressant et fatigant. La radiothérapie peut avoir un impact non négligeable sur la qualité de vie globale, avec une fatigabilité, un changement de l’image corporelle ou de la fonction sexuelle. Pour tous ces aspects, une prise en charge pluridisciplinaire est proposée par l’équipe soignante. Un soutien est apporté au patient ou à la patiente, et une aide psycho-oncologique est à disposition en fonction des besoins.

 

S’organiser au quotidien lors d’un traitement de radiothérapie

 

L’idéal est de réussir à maintenir ses activités quotidiennes autant que possible. Quand on se sent en forme, la poursuite de son activité professionnelle y contribue de façon significative. La règle pour les activités sportives est similaire. Si sa condition physique le permet, il est généralement possible de continuer à pratiquer la plupart des sports. Il faut toutefois éviter la surcharge. Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide. Le médecin, les soignant·e·s et les autres spécialistes peuvent offrir du soutien et donner des renseignements utiles, notamment sur les possibilités d’aide-ménagère.

Conseils pratiques pour la durée du traitement

De façon générale, il faut essayer de garder son corps en forme. Ne pas fumer et réduire sa consommation d’alcool sont donc essentiels. Il n’est pas nécessaire d’adopter un régime particulier. Cependant, il est utile d’éviter les aliments gras et sucrés, car ils causent souvent de l’inconfort. Une équipe de nutritionnistes est à disposition des patient·e·s pour prodiguer des conseils adaptés.

Soin de la peau

C’est un aspect important lors d’une radiothérapie. Lorsque le traitement provoque des réactions cutanées, il faut utiliser uniquement les produits de soin de la peau prescrits par le·la médecin traitant et l’infirmier·ère, seules personnes habilités à donner des indications sur les produits à utiliser pour nettoyer les zones irradiées du corps. Pour ménager sa peau, il convient d’éviter les déodorants agressifs et les savons fortement parfumés. La prudence est de mise lors de bains de soleil ou d’excursions en montagne. Pour les vêtements, il convient de privilégier les fibres naturelles, qui sont les plus respectueuses de la peau.

Alimentation, nausées et perte d’appétit

Les problèmes alimentaires sont courants lors de la radiothérapie. Les patient·e·s ne doivent pas hésiter à demander l’avis des équipes de nutritionnistes du service.

Quelques aspects reviennent régulièrement:

  • Les nausées sont un effet secondaire courant des rayonnements dans le tractus gastro-intestinal. Il est dès lors recommandé, entre autre, de boire du thé à la menthe ou à la camomille lors des repas, et de manger lentement, en mastiquant bien.
  • Les patient·e·s qui souffrent d’une inflammation des muqueuses buccales à la suite du traitement devraient renoncer aux aliments et boissons particulièrement acides, épicés ou amers. Plus généralement, en cas de douleur intense ou de sécheresse de la bouche, les aliments mous ou liquides sont à privilégier.
  • En cas de perte d’appétit, il est conseillé de préparer les aliments de manière à ce qu’ils soient particulièrement appétissants et de les assaisonner suffisamment. Petit truc: il peut arriver quelquefois dans la journée que l’on ait faim. Avoir un en-cas prêt pour ce moment-là est une bonne manière de pallier le manque d’appétit.
  • Pour les patient·e·s qui souffrent de diarrhée et de constipation, il est nécessaire de s’assurer d’une alimentation adaptée.
  • Les compléments alimentaires et préparations vitaminées sont recommandés.  

Equipe médico-soignante

Mme Bénédicte Panes-Ruedin

Mme Bénédicte Panes-Ruedin

Infirmière cheffe de service
Dr Mohamed Laouiti

Dr Mohamed Laouiti

Médecin adjoint
Dre Zohra Mazouni

Dre Zohra Mazouni

Médecin adjointe
Dre sc. Sarah Ghandour

Dre sc. Sarah Ghandour

Physicienne médicale
Dr sc. Marc Pachoud

Dr sc. Marc Pachoud

Physicien médical chef de service
Dr sc. Olivier Pisaturo

Dr sc. Olivier Pisaturo

Physicien médical