Urgences vitales 144

Le portrait de John Hauptmann

Photo John Hauptmann John Hauptmann pose devant l'entrée principale du futur Centre hospitalier de Rennaz, un circuit de ventilation à la main.

John Hauptmann est physiothérapeute. Avant de se prêter au jeu de la séance photo, le chef du service de physiothérapie et d’ergothérapie de l’Hôpital Riviera-Chablais, qui compte une cinquantaine de collaborateurs-trices, déplie un drôle d’engin. « C’est un circuit de ventilation à percussions intra-pulmonaires. » On lui demande de répéter. Amusé, il épelle à nouveau le nom de l’appareil.

« Branché à une machine, explique-t-il en visualisant le dispositif, l’instrument génère un flux d’air à haute fréquence qui est insufflé dans les poumons du patient. Le traitement contribue à mobiliser les sécrétions, il favorise une distribution homogène de l’air dans les poumons et facilite la respiration ».

On y recourt dans les pathologies qui génèrent beaucoup de sécrétions et où les débits expiratoires sont insuffisants comme dans la BPCO, par exemple, soit broncho-pneumopathie chronique obstructive. Les fumeurs en souffrent souvent.

« La physiothérapie respiratoire, c’est mon dada », confesse John Hauptmann. « C’est pourquoi je suis physiothérapeute dans un hôpital public plutôt que dans un cabinet privé qui pratique cette spécialité de manière beaucoup moins pointue. A l’hôpital, la palette de cas et des techniques est riche, sans parler des relations humaines et du travail en équipe ».

Le travail d’équipe justement: « En tant que thérapeutes, nous sommes chargés de rééduquer et de rendre leur autonomie aux patients. Nos actions sont d’autant plus efficaces qu’elles se pratiquent en étroite collaboration avec les médecins et le personnel infirmier, et ceci dans toutes les spécialités médicales ».

Mais depuis qu’il est devenu chef du service à partir de 2016, il n’exerce plus son métier. « Je le savais en acceptant ce poste. C’est un choix et je ne le regrette pas ». Aujourd’hui, il considère que 80% de son activité se fait dans l’optique du projet du futur hôpital et des cliniques de gériatrie et réadaptation: constituer les équipes qui prendront en charge les patients sur Rennaz et projeter les locaux qui accueilleront les patients à Vevey et à Monthey.

« Aujourd’hui, 80% de mon activité se fait dans l’optique du futur hôpital et des cliniques de gériatrie et réadaptation: constituer les équipes qui prendront en charge les patients à Rennaz et projeter les locaux qui accueilleront les patients à Vevey et à Monthey.»

« Pour ce faire, il faut répondre aux attentes de ceux qui font appel à la physiothérapie et à l’ergothérapie. En même temps, il est essentiel d’être à l’écoute de nos collaborateurs, afin de leur donner un outil de travail moderne et performant. En tant que chef, j’ai toujours considéré que ma mission première était d’offrir à mes collègues un cadre de travail propre à stimuler leur épanouissement et à soutenir leurs projets professionnels aussi ambitieux soient-ils.»

En même temps, la vie de l’hôpital continue. Au quotidien, John Hauptmann gère, depuis Monthey, onze unités reparties sur les six sites actuels de l'Hôpital Riviera-Chablais. Il annonce d’ailleurs l’ouverture à la mi-avril 2019 d’une consultation ambulatoire à Aigle qui s’ajoutera aux prestations existantes.

A 57 ans, « de nature assez zen », John Hauptmann constate sobrement que la charge de travail est considérable. Même davantage que ce qu’il avait pu imaginer. Il s’en accommode, en se réjouissant toutefois d’être bientôt à Rennaz, 27 ans après avoir rejoint l’ancien hôpital de zone d’Aigle.

« D’origine belge, je suis arrivé en Suisse à la fin de mes études où j’ai entamé ma carrière professionnelle comme physiothérapeute au Centre thermal de Lavey-les-Bains. Mais dès que l’opportunité s’est présentée, j’ai bifurqué vers les soins aigus. »

Deux fusions plus tard, une formation de cadre achevée ainsi que d’autres plus techniques, John Hauptmann n’a pas changé de cap: servir le patient dans une relation durable et conviviale. « Pour certaines pathologies, on prévoit parfois des traitements de plus de 30 séances d’une heure, c’est dire si notre métier nous offre la possibilité de développer des relations humaines particulièrement riches». De nature modérément studieuse, c’est la relation d’aide, voire sociale, couplée à l’activité physique, qui l’a attiré vers la physiothérapie et qui le motive aujourd’hui encore.

Très sportif, ce père de trois grands enfants fait du ski alpin et roule à vélo. Il aime d’ailleurs se rendre au travail en bicyclette de son domicile de Ollon à son bureau de Monthey. Il espère pouvoir faire de même jusqu’à Rennaz. Avec son épouse, il explore le monde tout au long de l’année. Véritable passion, pour cet homme à la démarche chaloupée quasi en apesanteur.

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