Urgences vitales 144

Le portrait du Dre Sandra Moulin

Photo Dre Sandra Moulin Dre Sandra Moulin pose devant l'entrée principale du futur Centre hospitalier de Rennaz, un stéthoscope dans la main.

Il pleut sur Rennaz, sur le futur centre hospitalier qui ressemble de plus en plus aux maquettes imaginées par les architectes. Il pleut ce mardi et Sandra Moulin, médecin adjointe auprès du Service d’anesthésie de l’Hôpital Riviera-Chablais, se rêve un instant en Mary Poppins avec son parapluie s’envolant entre les nuages.

Puis, elle redescend sur terre, à la lisière du patio à l’entrée du bâtiment. De jeunes arbres à peine plantés et des gros galets en échiquier décorent ce grand carré ouvert. Elle explique pourquoi, elle a choisi de poser avec un stéthoscope. « C’est ce qui fait le lien avec le patient. » Malgré les progrès technologiques, nécessaires, cet instrument emblématique de la profession représente à merveille sa philosophie de travail où le contact avec les personnes est primordial. En outre, « c’est un objet utile tout le temps, c’est l’essence de mon métier ».

En parallèle de son travail clinique, Sandra Moulin élabore une consultation préopératoire en harmonisant les pratiques propres aux sites actuels de l’HRC. Une nouvelle unité verra le jour, destinée à préparer le patient pour une intervention chirurgicale. A cet effet, elle a rédigé un manuel des « bonnes pratiques » pour l’évaluation des patients.

« A Rennaz, une nouvelle unité d’évaluation préopératoire verra le jour, destinée à préparer le patient pour une intervention chirurgicale. Dans cet optique, la prise en charge transversale du patient sera harmonisée. »

Face à l’objectif du photographe, Sandra Moulin déborde d’enthousiasme, de paroles et de rires. Elle blague, elle joue, elle s’expose avec naturel, même si elle avoue ne pas trop aimer les feux de la rampe. Mais elle a accepté le défi du portrait pour rendre hommage à ses collègues.

Sandra Moulin évoque une photo réunissant toute « la famille » du service. Une photo qui n’existe que dans son esprit, pour le moment. Une photo qui exprimerait son idée d’équipe où tout le monde contribue à l’ouvrage commun. Elle croit à cette alchimie de personnalités « toutes incroyables qui partagent dans les blocs opératoires des moments forts, parfois dramatiques, parfois drôles ».

Au milieu des flashs, elle répète à quel point « la multidisciplinarité » est au cœur de cette mission; à quel point elle s’épanouit dans un tel laboratoire d’intelligences collectives. D’autant plus, qu’elle est un exemple de polyvalence, à la fois anesthésiste, spécialiste en soins intensifs et en médecine interne.

Sandra Moulin vit depuis bientôt 15 ans à Vevey, après avoir grandi à Cossonay. Elle s’est formée entre les hôpitaux de la Riviera et le CHUV, entre 2004 et 2016, avant d’arriver à l'Hôpital Riviera-Chablais en mai 2017 comme médecin cadre. Mais pourquoi l’anesthésie? Au départ, elle lorgnait plutôt les urgences. Mais pour y accéder, et surtout, pour intégrer la REGA et voler avec les hélicoptères de la compagnie de sauvetage, il fallait passer par une formation en anesthésie. « C’était le prix à payer ».

Au cours de cette période Sandra Moulin découvre le charme et les vertus de cette discipline. « Il s’agit de veiller sur la vie de la personne qui se fait opérer à la manière d’un ange gardien, tout en mobilisant les ressources du patient ». Elle se passionne pour cet univers étonnant à la fois technique et très humain jusqu’à devenir une spécialiste reconnue du domaine.

Une fois rentrée chez elle, dès que l’un de ses deux enfants de 8 et 10 ans crie maman, une autre journée commence, loin de l’hôpital. « La famille, confie-t-elle, est une source d’énergie ». Et quand elle peut, elle part dans la nature, skier dans la poudreuse ou, plus simplement, elle joue au piano avec sa fille aînée.

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