Urgences vitales 144

Christophe David

Christophe David

Christophe David tourne et retourne dans ses mains un détecteur numérique de radiologie. Il s’agit d’une plaque aussi grande qu’une feuille A4. Le chef du Service biomédical de l’Hôpital Riviera-Chablais explique comment les nouvelles technologies numériques ont fait évoluer l’imagerie médicale. «Aujourd’hui, on prend une radiographie des poumons comme on prend une photo en famille avec la possibilité de la transférer immédiatement sur un ordinateur».

La pièce étrange que l’ingénieur a pris avec lui pour la séance photographique sur le chantier de Rennaz renvoie aux progrès fulgurants de la médecine via l’informatisation et la numérisation des équipements en médecine, notamment en radiologie pour laquelle les dernières évolutions permettent maintenant d’associer quasiment en temps réel l’imagerie et la thérapie. Elle symbolise en même temps les équipements biomédicaux dont s’occupe Christophe David depuis six ans à l’HRC. On y trouve les appareils servant au diagnostic et au traitement des patients en allant de l’IRM jusqu’au pousse seringue en passant par les ventilateurs d’anesthésie ou de réanimation et les tables opératoire.

"Dans la vie d'un ingénieur biomédical, la construction d’un nouvel hôpital est un projet unique."

A la tête d’une petite équipe de neuf personnes, Christophe David planifie les achats et la gestion de ces équipements pour le futur Centre hospitalier. Il consacre 90% de son temps à cette mission, «ce qui laisse peu de disponibilité pour l’activité courante du service que l’on doit pourtant maintenir», constate celui qui veille sur ce parc biomédical de l’HRC présent et futur. Car il faut que celui-ci soit «adapté aux besoins, cohérent, en parfait état de fonctionnement et de sécurité pour les patients et les utilisateurs». Voilà la vision et l’ambition du service qu’il a créé en 2012 et toujours en phase de structuration.

Cet ingénieur de 44 ans, diplômé à l’Université de technologie de Compiègne au nord-est de Paris, pourrait parler pendant des heures de son travail et de son métier. «J’ai découvert le biomédical il y a 20 ans et je ne m’en lasse pas», avoue-t-il avec passion. Une passion qui saute aux yeux. Avec en prime de la rigueur, l’exigence du travail bien fait, très bien fait. Sans oublier la nécessité d’évoluer, de progresser toujours au nom du bien-être des patients. 

Quant à l’HRC: « la construction d’un hôpital dans le parcours d’un ingénieur biomédical représente LE projet ». Avant de rejoindre le Chablais, Christophe David avait bâti le service biomédical d’un établissement en France qui était né aussi d’une fusion. Mais avec Rennaz et ses deux autre centres et cliniques à Vevey et Monthey, le défi est encore plus important. «Pour moi, c’est un engagement total pour un projet rare.»

L’esprit de service habite Christophe David, et cela dépasse le sort ou la carrière d’un individu, voire la sienne, « nous devons garder à l’esprit que si les personnes peuvent changer d’hôpital, l’institution, elle, reste en place et doit continuer d’assumer les décisions prises».

L’engagement corps et âme dans l’aventure de l’HRC lui laisse certes peu de répit. Mais dès qu’il peut, il se jette à l’eau, littéralement. Christophe David fait de la plongée et de la photo sous-marine. Pas dans les eaux fraîches du Léman. Plutôt dans les courants chauds des mers du sud.

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