Urgences vitales 144

Le portrait de Laurence Di Florio

Laurence Di Florio Laurence Di Florio pose devant l'entrée principale du futur Centre hospitalier de Rennaz, appuyée sur un des sièges qu'elle a choisis pour habiller les salles d'attente du nouvel hôpital.

Laurence Di Florio traverse l’immense armature en béton du futur Centre hospitalier de Rennaz avec une chaise sous le bras. Il faut slalomer entre les ouvriers qui partent à la pause de midi et les câblages qui serpentent au sol.

Pour la photo, elle posera avec cette chaise verte pomme aux formes sinueuses. L’aménagement des locaux, des chambres, des couloirs, des réceptions, des salles d’attente comme l’orientation dans la géographie quelque peu labyrinthique du bâtiment, ce sont ses royaumes dont la chaise représente la banalité extraordinaire. Objet courant, mais aussi miracle d’ingéniosité.

«Pas formatée hôpital», Laurence Di Florio a été engagée afin d’offrir aux patients, personnels et visiteurs un environnement à la fois ergonomique, intelligent, confortable et plaisant, ne ressemblant pas nécessairement à n’importe quel autre hôpital.

L’architecte d’intérieur de 42 ans, désormais installée directement sur le chantier, gère le choix du mobilier pour les zones publiques et semi-publiques de l’édifice en construction. Elle s’occupe également de la décoration et de la signalétique. Il s’agit «de créer un ensemble esthétique et des ambiances agréables aussi bien pour les patients que le personnel», dit-t-elle en souriant. Laurence Di Florio ne lève pas la voix pour expliquer sa mission qu’elle accomplit depuis un an et demi à l’Hôpital Riviera-Chablais à plein temps. Elle vous regarde droit dans les yeux. On l’imagine poursuivre une vision sans dévier mais avec tact et diplomatie, à l’écoute.

Il en faut pour satisfaire des exigences foisonnantes, parfois divergentes, très différentes de celles qu’elle connaissait. Elle jongle entre les soignants, l’administration, la logistique, les architectes, les fournisseurs, les règlements. «J’aime comprendre les problématiques liées aux différents types d'habitat, lieu de vie, de travail ou de culture. J’aime traiter les aspects de fonctionnalité liée à l’espace, la lumière; gérer les questions d'ergonomie des objets, du mobilier ainsi que les contraintes techniques du bâtiment.»

"Je veux offrir aux patients, au personnel et aux visiteurs un environnement à la fois ergonomique, intelligent, confortable et plaisant".

Diplômée de la Haute Ecole d’Art et de Design de Genève, après des expériences professionnelles, dans le design, dans des cabinets d’architectures ou au sein d’entreprises générales, elle découvre l’univers de l’hôpital. «Ce monde quelque peu inconnu m’interpelle, je trouve stimulant de devoir répondre à des problématiques diverses, changeantes selon les usagers, les secteurs. Participer à la construction d’un Hôpital est une chance incroyable.» Cette chance, Laurence Di Florio l’a saisie en répondant à une annonce. Tout simplement. «Je profite d’un métier diversifié qui m’amène à chercher sans cesse des solutions, c’est passionnant.»

Sereine, elle fait face à la frénésie du chantier en lui opposant son calme géométrique, esthétique. La décoration d’intérieur et la signalétique sont également une affaire de lignes, d’angles, de mathématiques, de beauté. Laurence Di Florio ne s’en cache pas, «j’apprécie la dimension artistique de mon activité qui nécessite un esprit créatif» surtout dans un milieu voué à l’efficacité, à l’efficience qu’il doit aux patients. Quand elle ne travaille pas, et elle sait s’arrêter, il y a la montagne. Elle y habite aussi, à Champéry. Engagée au Club alpin suisse comme cheffe de course pour l’alpinisme et les randonnées à ski, Laurence Di Florio organise des sorties en toute saison. Elle voyage aussi, à la découverte de nouveaux sommets ou de nouvelles villes. En haut, en bas. Toujours ce goût pour la diversité, ressort vivifiant de ses journées.

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